Il existe une tentation, chez le patient comme chez le médecin, de multiplier les examens « pour être tranquille ». Elle produit surtout des faux positifs, de l’anxiété et des explorations en cascade. Un dépistage n’a de valeur que s’il concerne une maladie fréquente, détectable tôt, et pour laquelle un traitement précoce change réellement le pronostic.
Le socle, pour tout le monde
- Tension artérielle, poids, tour de taille — trois minutes, et le meilleur rapport bénéfice/coût de toute la médecine.
- Glycémie à jeun et bilan lipidique complet, tous les trois ans en l’absence de facteur de risque.
- Un examen dentaire annuel : la parodontite est un facteur de risque cardiovasculaire documenté.
- Un fond d’œil et une mesure de la pression intraoculaire à partir de quarante ans.
Ce qui dépend de qui vous êtes
Chez la femme, la mammographie de dépistage démarre à quarante-cinq ans — plus tôt en cas d’antécédent familial au premier degré — et le frottis cervico-utérin se poursuit tous les trois ans. Chez l’homme, le dosage du PSA se discute individuellement à partir de cinquante ans, car ses bénéfices ne sont pas universels. Le dépistage du cancer colorectal, lui, concerne tout le monde à partir de cinquante ans et reste très largement sous-utilisé au Maroc.
L’auteur
Dr Yasmine Benchekroun
Cheffe de pôle — Médecine générale
Cofondatrice d’Al Manar, Yasmine Benchekroun a passé treize ans en médecine interne hospitalière avant de défendre une idée simple : une consultation qui dure. Elle a conçu le protocole de trente minutes qui structure aujourd’hui l’ensemble de la clinique, et supervise le suivi des maladies chroniques.
En savoir plusCet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptôme, consultez un professionnel de santé.


