L’étude EPIDIAR l’a montré depuis longtemps : la grande majorité des personnes diabétiques jeûnent, y compris lorsque leur médecin le déconseille. Un discours d’interdiction produit surtout un effet : le patient jeûne quand même, mais sans ajustement thérapeutique et sans surveillance. C’est précisément la situation la plus dangereuse.
Une consultation, six semaines avant
La bonne pratique consiste à évaluer le risque individuel un mois et demi avant le début du mois. Un diabète de type 2 équilibré sous metformine relève d’un risque faible ; un diabète de type 1, un antécédent d’hypoglycémie sévère ou une grossesse relèvent d’un risque élevé où le jeûne est réellement déconseillé. Entre les deux, l’essentiel du travail consiste à redistribuer les doses entre le ftour et le shour.
- Rompre le jeûne avec trois dattes et de l’eau, puis attendre vingt minutes avant le plat principal.
- Déplacer la harira et les féculents vers le shour, où ils tiennent la glycémie sur la nuit.
- Contrôler la glycémie capillaire au moins quatre fois par jour — cela ne rompt pas le jeûne.
- Rompre immédiatement si la glycémie descend sous 0,70 g/L, sans hésiter ni attendre.
- Décaler l’effort physique après le ftour, jamais dans l’heure qui précède.
Rompre le jeûne pour une hypoglycémie n’est pas un échec, et toutes les autorités religieuses consultées sur ce point sont formelles : la préservation de la vie prime. Le dire clairement en consultation lève un poids que beaucoup de patients portent seuls.
L’auteur
Dr Imane Sekkat
Cheffe de pôle — Nutrition & Diabétologie
Imane Sekkat construit ses plans alimentaires à partir des repas réels de ses patients — tajine, msemen, thé sucré compris. Elle a publié un référentiel d’équivalences glucidiques adapté à la cuisine marocaine, utilisé aujourd’hui par plusieurs centres du Royaume.
En savoir plusCet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptôme, consultez un professionnel de santé.


